L’Agence pour la promotion et le développement de l’artisanat (APDA) est en eaux troubles. En effet, depuis l’arrivée de la nouvelle Directrice générale, Sophie Nzinga Sy, fille de l’actuelle ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, le climat de travail s’est fortement détérioré. De nombreux employés dénoncent des actes d’intimidation et une pressions morale indescriptible. Résultat des courses, un profond malaise sévit au sein de l’agence.

Dès sa prise de fonction, « Sophie Nzinga Sy a pris plusieurs décisions controversées ». L’une des premières a été « le transfert des locaux de l’APDA aux Almadies, en face de la TFM, tout en maintenant les anciens bureaux de la Cité Keur Gorgui ». « Ces derniers, composés de 18 bureaux, restent occupés par cinq employés sans encadrement, ni directeur, ni chef de division. Cette situation crée une inactivité forcée pour ces agents. Pendant ce temps, les employés affectés aux nouveaux locaux travaillent sous une pression intense », a-t-on appris.

Un autre point de tension concerne « les bureaux de Mbour qui restent sous-exploités, malgré la présence de trois employés ». La Directrice générale a également soumis au ministère de tutelle « un projet dont le budget dépasse largement les capacités financières de l’agence ». D’ailleurs, « le fameux projet a été rejeté par le Directeur administratif et financier (DAF) ainsi que par le Directeur de la promotion de l’artisanat (DPA) ». En représailles, « Sophie Nzinga Sy a affecté ce dernier à Mbour et lui a attribué un poste moins valorisant de chef de bureau ». Invoquant le code du travail, ce dernier a refusé son affectation à Mbour.

Représailles contre le DAF et le DPA

Par ailleurs, « le DAF a été mis à l’écart durant trois mois, sans responsabilité définie, ni communication avec la direction générale ». Il a ensuite « été accusé de malversations financières sur des factures non incluses dans la passation de service ». Ce dernier a réfuté ces accusations en expliquant que « les factures en question étaient postérieures à sa passation de service ». Le DAF a également affirmé que, suite à des interrogations sur l’utilisation d’une carte de paiement avant le 2 juillet 2024, « la directrice avait remboursé les montants concernés », prouvant ainsi l’absence de malversations financières.

Le 6 février, Sophie Nzinga Sy a licencié le DAF « pour des motifs jugés infondés ». Pire encore, « le Directeur de la promotion de l’artisanat affecté à Mbour a également été licencié, sous prétexte d’un abandon de poste, sans avertissement ni procédure disciplinaire préalable ». Ces décisions suscitent « une profonde indignation parmi le personnel, qui y voit une gestion autoritaire et des pratiques arbitraires visant à écarter des employés jugés gênants ».

Nébuleuse autour de 23 792 646 F CFA

Des « pratiques douteuses en matière de passation de marchés » ont également été relevées. Après sa prise de fonction le 28 août 2024, la Directrice générale a attribué, dès octobre, « des marchés d’anticipation à des fournisseurs inconnus pour un montant total de 23 792 646 F CFA ». Des transactions « qui ont été menées sans respect des procédures établies ». Ce qui a suscité des interrogations au niveau interne. Et, dit-on, « ceux qui ont dénoncé ces pratiques ont été mis à l’écart ou licenciés ».

Enfin, « certaines irrégularités passées, notamment une fraude avérée commise par un ancien secrétaire, ont été ignorées par la nouvelle direction ». Une situation qui alimente « un sentiment d’injustice parmi les agents et met en péril la stabilité et l’efficacité de l’Agence pour la promotion et le développement de l’artisanat (APDA) ». En tout cas, la gestion actuelle de cette structure, qui suscite de vives inquiétudes auprès des travailleurs, appelle une intervention urgente pour restaurer un climat de travail serein et productif. D’ailleurs, nous dit-on, « le personnel cogite sur une correspondance à faire parvenir, dans les plus brefs délais, au Président de la République, Bassirou Diomaye Faye ». Affaire à suivre…