Le poste de Secrétaire Général des Nations Unies exige une autorité morale, un respect des droits humains et une capacité à rassembler les peuples. Il ne s’agit pas d’une simple fonction diplomatique, mais d’un symbole mondial de justice, de paix et de dignité humaine.
Dès lors, le soutien du Sénégal à la candidature de Macky Sall pose un sérieux problème de cohérence morale et démocratique.
En effet, son bilan en tant que Président de la République du Sénégal ne saurait être ignoré.
Durant son exercice du pouvoir, le Sénégal a connu les épisodes parmi les plus sanglantes de son histoire politique, marquées par une répression aveugle des manifestations politiques, des atteintes répétées aux libertés individuelles et publiques, des morts (meurtres, assassinats), blessés lors de troubles politiques, des emprisonnements arbitraires de plus de 4 000 sénégalais et sénégalaises le tout dans un climat de division profonde jamais vécu au sein de la société.
Soutenir cette candidature reviendrait à faire abstraction de la souffrance de nombreux citoyens sénégalais.
Or, le Sénégal ne doit pas banaliser l’impunité ; et apporter un soutien officiel à cette candidature enverrait un message dangereux comme quoi un dirigeant peut être contesté, critiqué, accusé de violations importantes des droits humains, et néanmoins être promu à l’un des plus hauts postes moraux du monde.

Cela fragilise la confiance des citoyens dans l’État et banalise l’idée que les responsabilités nationales peuvent être effacées par une reconnaissance internationale.
Le Sénégal ne doit pas mettre en jeu son image au plan internationale car il s’est longtemps distingué par son attachement au dialogue, sa stabilité démocratique et son respect des droits humains.
Soutenir une candidature aussi controversée risque de ternir cette image, en donnant l’impression que le pays renonce à ses propres valeurs pour un prestige diplomatique incertain.
De plus, le soutien de l’État du Sénégal n’est pas une obligation, car un ancien Chef d’État reste un citoyen comme les autres. Le Sénégal n’a aucune obligation morale ou politique de soutenir automatiquement une candidature qui divise profondément son peuple. La diplomatie ne doit pas être déconnectée de la conscience nationale.
Pour une position responsable et digne, nous ne voulons guère d’un soutien automatique. Et si cela devait se produire, il faudra que cela se fasse à travers un débat national transparent qui prend en compte la voix des victimes et de la société toute entière, la cohérence entre les valeurs que nous défendons et les candidats que nous portons.
À notre humble avis, le Sénégal mérite une diplomatie fière, cohérente et fidèle à ses valeurs. Soutenir une candidature internationale ne doit jamais se faire au prix de la mémoire, de la justice et de la dignité du peuple sénégalais.
MAMADOU LAMINE GUEYE
Ingénieur Agronome/IAA
Diplômé d’Etudes Supérieures de Banque
Expert en Finance Inclusive
Ancien DG de CAURIE-Microfinance
Président du Comité de Dialogue
Social du Secteur de la Microfinance
Président Mouvement Politique
Askanwi Moṅu Soxal (AMS)



























