La réduction du train de vie de l’État semble ne plus être à l’ordre du jour, malgré les engagements véhéments pris naguère par le nouveau pouvoir. Alors, reniement pur et simple ou oubli ?
Face aux députés, le 21 février 2025, à l’occasion de la séance plénière de Questions d’actualité au Gouvernement, le Premier Ministre avait présenté aux représentants du peuple les constats « accablants » de la Cour des comptes sur la gestion de Macky Sall.
« Nous ne sommes pas là pour nous apitoyer sur notre sort. Mais il est essentiel de faire un sursaut national impliquant l’État et les citoyens », avait alors lancé Ousmane Sonko, indiquant que l’État doit être le premier à donner l’exemple en se sacrifiant.
Ainsi, le chef du gouvernement avait annoncé des mesures « correctives pour les finances publiques », notamment « la rationalisation des agences d’exécution dans lesquelles des manquements graves ont été notés dans la gouvernance ».
Ousmane Sonko avait précisé, à cet égard, qu’au plus tard en fin juin 2025, « les agences d’exécution et les structures administratives similaires dont les missions se chevauchent seront regroupées ».
Dans la même foulée, poursuivait-il, d’autres agences, dont les missions peuvent être prises en charge par des directions centrales ou d’autres administrations non personnalisées de l’État, seront supprimées, assurant que des mesures d’accompagnement tendant à préserver les intérêts des travailleurs seront prises.
Ousmane Sonko avait annoncé, entre autres mesures, « la fusion du Fonds d’impulsion de la microfinance, du Fonds national de la microfinance et du Fonds d’appui à l’économie sociale et solidaire ». De même que « celle du Fonds d’appui à l’investissement à l’extérieur et du Fonds de crédits pour les femmes de la diaspora ».
L’Agence nationale pour les énergies renouvelables (Aner) et l’Agence pour l’économie et la maîtrise de l’énergie (Aeme), devraient, également, être regroupées. Idem pour l’Agence sénégalaise de promotion touristique (Aspt) et la Société d’aménagement et de promotion des zones côtières (Sapco). Sans parler du Fonds de crédit pour les femmes et du Fonds national d’entreprenariat féminin.
L’Agence nationale de la maison de l’outil (Anamo), par contre, devait être supprimée, selon le Premier ministre, qui ajoutait à ces mesures d’optimisation budgétaire l’harmonisation des modalités d’intervention du Puma, du Pudc et du Promovilles.
Une batterie de mesures qui devait être exécutée au plus tard fin juin 2025, conformément aux engagements du chef du gouvernement.
À ce jour, mercredi 19 novembre 2025, aucune action concrète allant dans le sens de matérialiser ces engagements n’a été posée, alors que l’État – au bord de la faillite (dégradation continue de la note souveraine, creusement de la dette, etc.) – gagnerait à le faire.
S’agit-il d’un simple oubli ou d’un rétropédalage ? L’un comme l’autre, c’est le reflet d’un manque de rigueur notoire dans la diligence des actions et engagements de l’État.



























